Roadliners (from road workers to font)

Roadliners (from road workers to font)

Aujourd’hui en feuilletant les internets, je suis tombé sur une nouvelle video de peintres routiers.
Non, les lettrages peints sur les routes ne sont pas réalisés par des robots.
Voici le joli projet typographique que le studio « O Street » à réalisé inspiré par ces hommes et femmes de l’ombre justement.

Superbe projet (lire ici l’article et la page dédiée) et magnifique hommage à ces artisans.

Roadliners from O Street on Vimeo.

E. Marquant (La lettre à travers les âges)

Rares sont les écrits sur les enseignes en lettres sculptées (et le plus souvent dorées) puis placées sous verre (XIX-XXè siécle).

Voici donc une petite « leçon d’histoire » avec cet extrait traitant de la lettre sculptée, provenant de l’ouvrage « La lettre à travers les âges / Étude d’histoire technique » de E. Marquant (1897).

 

LA LETTRE À TRAVERS LES ÂGES (ÉTUDE D’HISTOIRE TECHNIQUE)
(…) EXTRAIT (…)
L’ENSEIGNE MODERNE

Les maîtres de l’art ne dédaignaient pas à l’occasion de travailler à des enseignes. Quelquefois ce fut par amitié pour des commerçants ; d’autres fois, probablement pour s’acquitter envers quelque créancier impitoyable. C’est sans doute à quelque considération de ce genre que nous devons des merveilles, telles que le Cheval blanc peint par Géricault à la devanture d’un quidam, l’enseigne du marchand de tableaux Gesaint, qui fut peinte par Watteau, la Chaste Suzanne de Jean Goujon, qu’il fit, dit-on, pour un marchand de la rue aux Fèves, Paris.

Aujourd’hui l’enseigne est remplacée, en général, par une inscription, plus ou moins compliquée, qui est, en ce siècle d’industrialisation, une véritable affiche.

Cependant, si au début, l’inscription fut quelconque, le désir d’éclipser le voisin, de faire mieux que lui, de frapper davantage le public, combiné avec le goût des artistes, amena peu à peu l’industrie de l’enseigne à être une véritable industrie d’art, surtout, depuis que des esprits judicieux, observateurs, ont appliqué à l’enseigne les connaissances mécaniques, géométriques, physiques et chimiques, qui lui ont permis d’atteindre le degré de perfection qui la caractérise en ce temps.

L’ENSEIGNE-LETTRE

Du jour où l’on a fait l’enseigne-lettre, la forme la plus simple a été l’inscription sur la muraille.

Cette inscription s’est faite en lettres peintes ou en lettres gravées sur la pierre. Ce sont les enseignes fixes.

On a fait cependant des enseignes mobiles peintes sur panneaux de bois ou plaques de tôle ou écussons, comme il a déjà été dit plus haut.

La peinture et la gravure n’offrant pas assez de lisibilité, on en arriva à la lettre en relief.

Les lettres en relief de petites dimensions s’appliquent généralement sur les glaces et sont faites en cuivre, en émail, en cristal.

La grande lettre d’enseigne en relief, apposée aux tableaux de devanture ou aux façades des maisons se fabrique surtout en zinc et en bois.

Le besoin de satisfaire le goût du beau, qui se développe de plus en plus chez le public et dans le monde commercial a conduit à substituer au zinc et au bois une forme d’enseignes d’une plus grande élégance, d’un plus grand cachet artistique. Là est l’origine de l’enseigne-marbre, de la pierre sous glace, de l’enseigne-xylocristal.

On verra par ce qui va suivre, en quoi consistent ces différents genres.

LA LETTRE-ZINC

La lettre-zinc se compose de lamelles de zinc, découpées selon la forme convenable et soudées entre elles, de façon à constituer la forme du caractère.

Cette lettre est ensuite dorée suivant les procédés usités dans l’industrie.

Elle offre l’avantage d’être légère, en raison de la faible densité relative du zinc ; facile à fabriquer, à cause de la grande malléabilité du métal. Mais elle offre divers inconvénients, notamment celui d’être facilement déformée par un choc. De plus, si la soudure a été négligée, il arrive souvent qu’en raison de l’inégale dilatabilité d’un métal qui n’est pas toujours homogène, parce que pas chimiquement pur, il se produit des dessoudures qui nécessitent de coûteuses réparations, sans compter les inconvénients d’origine chimique, tenant à la nature même du métal employé.

( Ce que deviennent souvent en peu de temps les lettres en zinc doré, par l’oxydation).
(Reproduction d’après nature)

On a beau peindre le zinc en couleur, le recouvrir d’une couche dorée pour lui donner l’éclat nécessaire et le protéger contre les intempéries et en assurer la conservation ; ces moyens préventifs sont manifestement insuffisants à empêcher l’altération du zinc. On peut s’en rendre compte par la reproduction photographique de la lettre en zinc doré, prise sur nature, que nous donnons ci-dessus. En effet, le zinc livré par le commerce n’est pas chimiquement pur ; il est toujours plus ou moins allié à différents métaux. Si, à froid, le zinc est peu attaquable par les acides forts, tels que l’acide azotique et l’acide sulfurique, il n’en est plus de même lorsque ces acides agissent sur le zinc en présence d’autres métaux. Il se produit un véritable effet de pile. Les métaux étrangers, électro-négatifs par rapport au zinc, déterminent la formation d’un couple voltaïque, où le zinc est l’élément le plus oxydable.

Or si l’on songe que, notamment dans les orages, il se forme sous l’influence de l’électricité atmosphérique de l’acide azotique résultant de l’action de l’oxygène sur l’azote de l’air, on comprend sans peine l’altération de la lettre-zinc et le peu de durée des enseignes faites avec cette matière.

LA LETTRE EN BOIS

La fabrication des caractères en bois n’est pas chose nouvelle ; on emploie depuis fort longtemps cette matière dans l’imprimerie, pour tracer les grands caractères d’affiches.

L’art de graver ces caractères constitue la xyloglyphie (de xulon, bois).

Le xyloglyphe est le graveur de caractères sur bois, celui qui exécute des lettres ornées pour la librairie, aussi bien que les grosses lettres destinées aux affiches.

Le xylographe est le graveur sur bois, et le xylotomiste (de xulon, bois ; tomê, action de couper) le découpeur de la lettre en bois employée pour l’enseigne.

A l’origine, avant que les progrès de la mécanique eussent permis le travail facile du bois, la lettre-bois se faisait par parties détachées, que l’on réunissait à l’aide de goujons, rattachant les éléments de la même lettre.

On saisira sans peine les inconvénients de cette manière de faire au point de vue de la solidité et de l’élégance.

Pour peu que la lettre fût de grandes dimensions, les parties avaient une tendance au ballottement, à moins d’user de goujons très forts qui augmentaient le poids de la lettre et dont les dimensions, seule garantie de solidité, se trouvaient forcément limitées par l’épaisseur du corps de la lettre.

Ancienne lettre en bois formée de parties séparées.

On se rendra facilement compte de ce fait, par l’examen de la figure ci-dessus, qui représente les parties d’une ancienne lettre de bois, et qui parlera plus à l’intelligence du lecteur que les plus longues descriptions ne le pourraient faire.

Outre ces inconvénients, la longueur de la fabrication de la lettre en bois à parties détachées la mettait à un prix tellement onéreux qu’elle n’eut aucun succès.

Il s’agissait donc d’obtenir une lettre-bois solide, faite d’une seule pièce et d’un prix abordable. Ce problème a été résolu par l’inventeur Emile Bouvais qui arrive, par des procédés mécaniques fort simples à produire des lettres en bois de toutes les formes, qui peintes et recouvertes d’une couche de dorure, font le même effet que la lettre-zinc, demeurent intactes pendant une durée 3 ou 4 fois plus considérable, et donnent des enseignes beaucoup plus économiques, tout en restant, pendant toute leur durée, aussi nettes, aussi propres, aussi élégantes qu’au moment de la pose.

LA LETTRE TRIÉDRIQUE

Une des plus remarquables productions de cet ingénieux inventeur est la lettre-bois à 3 faces, dite encore lettre triédrique, qui, faite en creux et placée sous glace offre l’avantage d’une plus grande lisibilité et d’un plus grand éclat.

Figure théorique prouvant que la lettre triédrique a un plus grand éclat.

En effet, l’observation la plus élémentaire, faite en pleine rue, au hasard de la rencontre, permettra au plus prévenu de s’assurer qu’elle est beaucoup plus lisible que celle affectant toute autre forme, lettre découpée à angles droits, ou lettre diédrique, dont les faces se coupent à arête à la partie la plus externe de la lettre. Il ne faut pas un gros effort pour se rendre compte que sous un angle approchant de 90 degrés, soit à droite, soit à gauche de la lettre triédrique, celle-ci reste quand même lisible. Ce n’est pas là un des moindres avantages, l’enseigne, qui doit tirer l’œil, frappant surtout le passant au passage.

Tel est l’avantage de la lettre à trois faces en ce qui concerne la lisibilité.

Elle se fait aussi bien en creux qu’en relief et dans ce cas, elle offre un éclat remarquable ; ce sont des considérations d’optique mathématique qui ont conduit l’inventeur à l’établir.

En effet, que représente le fond de la lettre à 3 faces ? Une surface unie, polie, réfléchissante, un véritable miroir, en un mot.

Sans vouloir entrer dans des développements théoriques hors de mise avec le cadre de cet ouvrage, qu’il nous soit permis néanmoins de faire comprendre aussi simplement que possible, quel en est le rôle joué par la troisième face, ou face de fond, de la lettre triédrique.

Les rayons lumineux émis ou réfléchis par la face C D, forment un faisceau compris entre les points B, C, D, faisceau qui vient se réfléchir sur la surface B C, formant miroir. Ils seront réfléchis suivant T S U. Le même effet sera produit par les rayons venant de la surface A B, par rapport à la surface B C.

On se rend compte, maintenant sans peine, de la manière dont la lettre à trois faces donne un éclairement plus considérable, apparaît plus lisible et plus brillante, par suite plus frappante aux yeux du lecteur, ce qui est la qualité essentielle de toute enseigne qui veut répondre à son but.

Les spécimens ci-contre des lettres-bois obtenues par le système Bouvais, accompagnées de leur relief, montrent que la lettre bois se prête à la plus grande variété de formes et de dessins, tout en conservant les avantages de la solidité, du bon marché, d’une durée plus longue et d’une lisibilité plus grande.

Les quatre planches que nous reproduisons hors texte sont dues à M. EMILE BOUVAIS, fabricant d’enseignes et artiste-dessinateur en lettres. Ces modèles qui sont de véritables œuvres artistiques, ont été exécutés en bois et figurent au musée forestier de Vincennes et au Conservatoire des Arts et Métiers.

LETTRE GRAVÉE SUR MARBRE

La Glyptique est l’art de graver sur pierre. Il s’applique aussi bien à la gravure des pierres fines, des intailles, qu’à celle qui est faite sur les minéraux, tels que le marbre, où l’on grave des enseignes, des inscriptions, des épitaphes.

Le marbre noir est employé à la fabrication des enseignes, en raison de ce que la lettre dorée s’en détache mieux sur le fond.

Malheureusement, le marbre s’altère rapidement ; il grisonne au bout de peu de temps ; d’autre part, la lettre dorée n’étant pas protégée contre les intempéries, perd vite son éclat.

En effet, le marbre n’est autre chose que du carbonate de chaux mélangé de matières colorantes et modifié par l’action métamorphique de la chaleur qui, aux époques géologiques, exerçait son effet sur les masses minérales qui composent l’écorce terrestre.

Le carbonate de chaux est pour ainsi dire insoluble dans l’eau ordinaire, mais il devient soluble dans l’eau chargée d’acide carbonique. C’est, d’ailleurs, cette propriété qui permet de donner l’explication scientifique des sources ou fontaines incrustantes, appelées encore, improprement, fontaines  pétrifiantes, et dont un des plus beaux types, en France, est celle de Sainte-Allyre, près de Clermont-Ferrand.

De plus, il est attaquable par les acides, même les plus faibles, qui déplacent l’acide carbonique ainsi qu’on peut s’en assurer en versant quelques gouttes de vinaigre (acide acétique) sur un morceau de craie, qui n’est autre que du carbonate de chaux presque pur. Ainsi s’expliquent les taches faites sur les plaques de marbre des commodes, tables de nuit, etc., sur lesquelles on répand un liquide acide ou quelques gouttes de citron (substance riche en acide citrique).

Or la plaque de marbre des enseignes, exposée à l’air subit les atteintes :

De l’eau chargée d’acide carbonique qui se dissout dans ce liquide ;

Des acides qui se forment dans l’atmosphère durant les orages, tels par exemple l’acide azotique.

De la sorte, on comprend facilement la disparition du poli de la plaque de marbre, cette teinte terne qui se produit au bout d’un certain temps, et qui résulte de l’attaque de la partie superficielle du marbre par les agents cités plus haut.

Il en résulte que l’enseigne, dont la première qualité est de rester éclatante, perd de son éclat, au grand détriment de l’effet esthétique, autant que de la lisibilité.

Ces considérations ont donné l’idée de substituer au marbre une substance qui fût inattaquable aux agents atmosphériques, fût facile à nettoyer, et conservât à l’enseigne son poli, son brillant primordial, en même temps qu’elle lui assurait une plus longue durée.

La glace de verre réunit ces conditions.

En effet, elle reste brillante, est facile à nettoyer et n’est pas attaquable par les acides, sauf par l’acide fluorhydrique, employé industriellement pour la gravure sur verre.

Telle est l’origine de l’enseigne sous glace.

LETTRES EN DORURE SOUS VERRE

C’est ici le lieu de parler d’une lettre qui a eu une grande vogue il y a quelques années : la lettre en dorure à plat sous verre. Elle s’obtenait en appliquant sur une glace des feuilles d’or au moyen d’un apprêt spécial. On traçait alors les lettres sur la couche d’or et on les recouvrait de vernis. Un lavage enlevait la partie d’or non vernie et laissait la lettre subsister.

La pierre sous glace est une variante de l’enseigne-marbre. On a été conduit à l’adopter par la nécessité de protéger la surface de l’enseigne contre les accidents d’origine météorologique.

Ce mode d’enseigne consiste essentiellement dans la mise sous une glace d’une pierre à grains fins, dans laquelle sont gravés les caractères de l’enseigne ; la glace est de fond noir ou de couleur variable, et la lettre apparaît par transparence dans la glace.

Ces enseignes présentent le désagrément d’être d’un poids excessif que toutes les devantures ne peuvent supporter.

L’ENSEIGNE EN XYLOCRISTAL

L’enseigne en xylocristal est encore une invention de M. Emile Bouvais.

La fabrication de ce genre d’enseignes constitue la xylocristallographie, qui fournit l’enseigne dite xylocristal. Ce nom rappelle à la fois que l’enseigne est constituée par une glace de verre ou cristal et que le bois (grec xulon) entre dans sa composition.

Ces lettres sont faites en creux dans le système triédrique exposé plus haut.

Section de lettres-xylocristal

Elles offrent donc l’avantage de la grande lisibilité. La facilité de travail du bois permet de leur donner les formes les plus harmonieuses, les plus originales telles que peuvent les concevoir le goût de l’artiste, les exigences de la clientèle, ou que le demandent les emplacements où elles doivent être appliquées.

On jugera de la variété de formes qui peuvent être obtenues par le spécimen ci-dessous.

La glace qui recouvre l’enseigne peut être facilement lavée. La dorure, à l’abri de la glace, se trouve hermétiquement enfermée dans un milieu où les agents atmosphériques n’ont aucune action, et indéfiniment, conserve son éclat, son brillant, sans détérioration ni dommage.

Spécimen d’enseigne en xylocristal montrant la grande variété de formes à laquelle le xylocristal peut se prêter.

Dans ces conditions l’ensemble garde son éclat et sa fraîcheur d’origine, à tel point que des enseignes faites depuis quinze ans et plus ont l’apparence d’avoir été posées la veille.

Ces avantages expliquent le succès de l’enseigne-xylocristal et sa substitution progressive aux autres genres pour toutes les enseignes de goût.

Voilà où en est aujourd’hui la question. On voit, en suivant une à une les étapes que nous venons de parcourir, par quels progrès successifs a passé la lettre, depuis l’hiéroglyphe égyptien et le caractère cunéiforme babylonien, jusqu’à la création de l’artistique lettre sous glace à triple biseau.

C’est, dans le cadre restreint des transformations du signe de la pensée, la vérification, une fois de plus, de cette loi générale du progrès, qui veut que tout aille sans cesse se perfectionnant, dans les différents domaines de l’activité humaine.

Source : La lettre à travers les âges (texte complet)

Le Camion Qui Fume (Le restaurant) : Opening !

Jeudi 21 janvier, la presse était conviée au lancement de la version « fixe » du célèbre « Camion Qui Fume », premier FoodTruck de Paris, qui ouvrait au public le lendemain.
J’ai été contacté pour peindre à la main la typographie issue du logo, sur la façade vitrée ainsi que sur quelques éléments décoratifs (luminaires).

Photos (c) Katrin Vierkant.

Le Camion qui fume, 168, rue Montmartre (75002).
M° Grands-Boulevards.
Ouvert tous les jours, de 11 heures à 23 heures, jusqu’à 1 heure vendredi et samedi.